Tango, empanadas & milongas à Buenos Aires

Nous sommes arrivés à Buenos Aires par un dimanche brumeux de week-end de Pâques. De ces dimanches où après s’être empiffré de chocolat et avoir survécu aux longs déjeuners en famille, l’Argentin moyen profite de sa glandouille en pyjama devant le foot en buvant le mate. Pendant ce temps là, nous nous partagions un Kit-Kat dans le Tuctuc, stationné sur le parking du Carrefour d’un bled proche de la frontière  (il faut savoir que ces supermarchés bien de t’ché nous sont présents dans la plupart des pays sud-américains et surtout en Argentine) où nous avons pique-niqué en regardant Sherlock sur l’Ipad. C’est Pâques, nous ne sommes pas des sauvageons tout de même.

Nous sommes arrivés dans la capitale argentine le soir, à la recherche de l’hôtel que Caroline avait réservé la veille sur Booking. Un petit hôtel de seconde zone dont le seul avantage résidait dans le fait d’avoir un parking. Elle avait réservé pour 3 jours mais, à notre arrivée on a quand même prévenu qu’on y resterait peut-être qu’une nuit. Au moment du check-in, la tenancière nous donne un prix supérieur à celui indiqué sur Booking. Râlage de nôtre part. Râlage de son côté. Coup de fil à sa gérante où elle lui dit que nous sommes des sagouins qui essaient de ne pas payer la chambre. Malgré notre Espagnol rouillé, nous comprenons bien tout ce qu’elle raconte. Enervés, nous partons comme un prince.

Bon c’est bien beau de partir comme un prince mais encore faut-il trouver une auberge voulant bien nous héberger pour la nuit et ce, un dimanche soir de Pâques. Finalement, grâce à la magie de la technologie ce fût assez rapide. Nous avons trouvé un troquet où nous avons pu nous sustenter en nourriture et en wifi. Direction le Luey hotel, établissement jauni par le temps qui a dû être classe un jour, sauf que personne ne souvient quand exactement.

Vive Airbnb, le lendemain nous réservons pour 2 nuits chez Nicolas, dans la banlieue chicos de BA. Une grande maison coloniale qu’il a hérité de ses grands-parents. Nôtre hôte est l’illustration de ce rêve que beaucoup d’entre nous avons déjà eu, il a hérité de 2 parkings dans un quartier d’affaires classes et d’une mansion dans le même quartier. Ce qui lui permet de travailler quelques heures par jour, puis passer le reste de son temps libre à regarder du foot sur un rétroprojecteur, boire de la bière et manger des chips en pyjama. Le rêve argentin quoi. 🙂

Suite à ces 2 jours, nous prolongeons 3 jours de plus, parce que quand même ce serait dommage de ne pas passer au moins un week-end dans la capitale la plus sympa d’Amérique de Sud (ndlr : sondage effectué auprès de nous, après la visite de 3 capitales sud-américaines, dont même pas Brasilia, c’te honte). Nicolas sourit, et dit que c’est chouette. Puis une fois le week-end venu, on se dit que ce serait sympa de prolonger encore un peu, ne serait-ce que pour danser le tango. Nicolas se marre. Puis, une fois que l’on est tombé amoureux du tango, on est bien obligé de rester encore un peu. Nicolas avait déjà réservé pour nous. Au final nous sommes restés 2 semaines extraordinaires à Buenos Aires (en plus ça rime).

Sur les bords du fleuve dans le quartier Puerto Madero, soit le quartier des mafieux selon Nicolas.

Evita, Nanni Moretti & moi

Tels des touristes que nous sommes, nous avons touristé dans les quartiers de Buenos Aires.

Première étape : Recoleta et son fameux cimetière rempli de cadavres riches et célèbres. Débauche de qui aura la plus grosse tombe. On a tournicoté 3 fois dans tout le cimetière avant de trouver la tombe d’Eva Perón.

Attention spoiler : voici à quoi ressemble la tombe d’Eva Perron

[ Le saviez-vous  ?  Eva Perón a plus voyagé morte que vivante. 
Le cadavre d’Evita, comme l’appelle affectueusement ses admirateurs, a subi un destin rocambolesque qui recèle encore beaucoup de mystère. Il faut savoir qu’en Argentine Eva Perón reste toujours aussi adulée que détestée. A sa mort, son corps subi un processus d’embaumement qui durera un an afin qu’il soit exposé. Mais à la suite du coup d’Etat militaire, le putschiste au pouvoir veut à tout prix se débarrasser de ce symbole du peronisme. Il enlèvera le cadavre d’Evita, et celui-ci sera bringuebalé dans tous Buenos Aires, certains capitaines l’exhibant chez eux tel un trophée de chasse, avant de voyager en Italie où il demeurera caché des années. Evita reviendra à la faveur de la présidence de la 3e femme de Juan Perón où elle reposera auprès des siens. En savoir plus sur cette histoire de dingue. ]

Deuxième étape : le centre culturel de Recoleta. Vraiment sympa avec des installations super originales.  Nous y découvrons le Bafici, le festival de films indés argentins et apprenons par la même occasion que Nanni Morreti <3 donne une conférence le soir même. Caroline étant amoureuse de Nanni depuis des années, rdv est pris avec le célèbre réalisateur italien. En attendant, on se ballade sur l’avenue, le cœur ouvert à l’inconnu, on avait envie de dire bonjour à n’importe qui.

Ce qui nous a amené à la fac de droit. Grand bâtiment style Panthéon, situé à côté de la fameuse fleur géante où Ricky Martins a fait une photo.  Occasion d’un revival de l’ambiance cafèt et réunions syndicales dans les couloirs décrépis.

Troisième étape : Visite du musée de las belles artes. L’occasion d’admirer une collection permanente composée de superbes tableaux impressionnistes et d’une salle avec des croûtes. On a aussi pu découvrir  Xul Solar, un artiste argentin loufoque et génial.

Puis retour au Bafici où nous n’avons pas pu voir Nanni Moretti, smiley triste. Pour se consoler, nous avons acheté des cochonneries à manger, avons ressorti l’ancien plaid du canap’ et nous nous sommes affalés devant l’écran en plein air. Nous avons vu Late shift, un film interactif pour lequel il est nécessaire de télécharger une appli via laquelle les spectateurs votent tout au long du film afin de choisir le déroulement de l’histoire. Une sorte de film sur le modèle des « bouquins dont vous êtes le héro ». Ce fût l’occasion de constater que les gens aiment les anti-héros romantiques en quête de castagnes.

Tango, re-tango & milongas

Buenos Aires a surtout été l’occasion de réaliser un rêve, celui d’apprendre le tango dans la capitale argentine. Nous sommes tombés amoureux de cette danse, des milongas et de cette musique si mélancolique. Caro les bons plans a déniché une des meilleures milongas (soirées tango) de Buenos Aires, un peu par hasard, celle de la Bicicleta tango club. Elle est animée par Julieta et Natalia, deux supers profs qui organisent les milongas les plus cools de BA. Garanties sans naphtaline, ni gomina. Telles des groupies nous les avons suivies chaque soir dans les différentes milongas qu’elles animent.

Milonga fort sympatoch du Santos Tango

[ Le saviez-vous ? Le tango est né dans les bordels porteños.

Et oui. Nous avons entendu deux histoires différentes sur les origines du tango. Laquelle est la bonne ? Mystère et boule de gomme, sûrement un peu des deux. La première version raconte qu’au début du 20e siècle, les musiciens des conservatoires de musique qui n’arrivaient pas à trouver du travail dans le circuit classique, allaient jouer dans les cabarets malfamés de la capitale. Ce qui explique la présence d’instruments classiques et d’une formation de groupe. Une autre histoire explique que cette musique vient des ouvriers européens, qui arrivaient au début du 20e siècle en quête d’une vie meilleure en Argentine mais qui se retrouvaient entassés dans des cités ouvrières insalubres et travaillaient comme quasi esclaves dans les usines de Buenos Aires. Nostalgiques, ils ont commencé à se regrouper dans les patios des résidences et à jouer des airs emplis de nostalgie et d’amours inassouvis. Elle a longtemps été dansée entre homme, par manque de femmes puis dans les lieux de petites vertus car les jeunes filles bien-comme-il-faut ne voulaient se corrompre dans cette danse diabolique. Une chose est sûre, il a fallu que le tango devienne à la mode à Paris pour que la bourgeoisie rio-platense l’adopte comme sa danse de salon. ]

Hasta luego Buenos Aires

Nous quittons CABA (ndlr : Ciudad Autonoma de Buenos Aires pour les intimes) bien tristes et nostalgiques, déjà, de nos folles soirées dans le Palermo chanté par Benjamin Biolay, du tango, de ses innombrables cafés qui rappellent les troquets parisiens (à la différence près que les serveurs parlaient espagnols et étaient aimables), de nos copains de tango, des magasins sympas, des milongas, de cette douceur de vivre, des cours de tango, des pizzerias italiennes, des soirées tango et aussi un peu, du tango dans les rues. Bref, BA on y reviendra.

En attendant, zieutez un bric-à-brac de photos que nous avons prises à Buenos Aires (cliquez sur une photo pour l’agrandir et ouvrir le mode galerie ) :

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