Horizons à perte de vue en Patagonie

4 roues, 4 pattes, 1333 km, 2 jours, 1 nuit sur une aire d’autoroute, d’infinis horizons à perte de vue, un grand sentiment d’immensité. Le genre d’immensité qui te rétrécit, qui te grandit, qui se joue de tes référentiels de pauv’ parigot. Tout ça pour arriver à Puerto Madryn et Peninsula Valdès, paradis des baleines et autres cétacés. Et c’est pas tout. 

Mais commençons par le début. Nous sommes arrivés à Puerto Madryn première grande étape de notre périple sur la fameuse route 3 qui relie Buenos aires à Ushuaïa. La route 3 est une grande ligne droite pointant vers l’infini, tracée d’un coup de règle au milieu de la pampa, direction le bout du monde. Nous arrivons laminés carpettes par nos deux jours de route à raison de 8h de conduite par jour. Oui c’est long. Mais c’est beau. Une beauté singulière, celle des grands espaces plein d’un vide indéfinissable, comme un western verdoyant où l’on s’attend à croiser Lucky Luke à dos de mouton. C’est tellement immense que les horizons s’entremêlent pour tromper l’oeil, comme s’ils en mettaient plein la vue pour mieux cacher leurs trésors perdus. On te balance un paysage tellement grand que tu n’auras pas assez d’yeux pour les voir sale humain ! On dirait des champs mais en fait non, ils ne sont pas cultivés. Ce n’est pas non plus un désert de sable, ni de pierres, ni de terre, c’est la pampa, toujours la même, à perte de vue, qui défile le long des kilomètres parcourus, parfois quelques moutons, parfois quelques chevaux, quelques fois des lacs avec des flamands comme pour ne pas endormir le voyageur. Ici, les lacs avalent le soleil pour le recracher le lendemain quand ils se sont assez réchauffés.

 

Parfois il y a des stations-services. On a dormi dans la station YPF de Bahia Blanca, ville industrielle de 300 000 âmes dont on se demande bien ce qu’elles ont fait pour atterrir là. Il faut savoir que pour les gens de la route, YPF est toujours synonyme de bonne idée. On y trouve de quoi manger pour pas trop cher, ni trop dégueu, de quoi se laver et de l’eau chaude pour le mate. Ces trois lettres seront les anagrammes de notre chez nous lors de notre grande descente du bout d’Amérique. Le soir, une soupe, un peu de Yoga au milieu des camions et au dodo. Le lendemain on a tellement bien dormi dans le Tuctuc que l’on se réveille, affolés, à 10h30 avec 2h de retard sur notre planning. Vroom vroom c’est reparti !

Troquet, pique-nique & brunch

Nous arrivons donc à Puerto Madryn, par un dimanche soir brumeux. Nous rencontrons notre hôte pour les quatre jours à venir. Une dame dans la cinquantaine qui passera les prochains jours à se cacher dans sa chambre. Le soir nous dînons dans un petit troquet qui deviendra notre QG, le Mar y tiempo, bonne pâtes, bonne ambiance, bon petit serveur trop chou.

Lundi c’est sauvez Willy. Nous sommes avertis par les autochtones que des orques ont été aperçus sur une plage voisine. Ni une, ni deux, nous sautons dans le Tuctuc à la recherche du cétacé tant recherché. Spoiler : Rien, nada, macach. Nous avons alors pique-niqué sur la plage de Punta Loma par une belle après-midi ensoleillée. Enfin, on a surtout mangé du sable tellement le vent soufflait fort. Vent à part, ce fût magique de manger comme seuls au monde, sur une plage de dingue, en compagnie des cormorans.

Que dire de plus sur Puerto Madryn ?

Si vous passez par là, visitez son Eco-centre. Vous y apprendrez tout sur la faune et la flore marine de Patagonie, un passage presque obligé avant de partir pour Peninsula Valdès. Nous y avons appris par exemple que les éléphantes marines ont une vie de merde. En effet, elles passent 11 mois de l’année, enceinte, à chasser le poisson dans les eaux dans les mers du sud, à leur retour elles accouchent et perdent quasiment la moitié de leurs poids pendant l’allaitement du marmot, qui dure trois semaines, quant à la semaine restante elle doit subir les assauts du gros mâle du harem qui la remets enceinte et hop c’est reparti pour un tour.

Sinon, il faut savoir que les commerces et autres commodités ouvrent de 8h à 12h puis de 17h à 22h. Entre ces horaires, les habitants de Puerto Madryn se cachent on ne sait où.

Si vous voulez brunchez, nous vous recommandons le brunch du café Martinez avec vue sur le port.

Caroline s’éclate au brunch …

Voilà ce sera tout pour Puerto Madryn.

Chopez Willy !

Nous sommes arrivés à la Péninsula Valdès de bon matin, après environ 1h de route depuis Puerto Madryn. Notre job du jour a été de chasser l’Orque. Il faut savoir que cette grande péninsule d’à peu près 150 km sur 150 km est une maternité géante. Baleines, orques, éléphants de mer et pingouins viennent ici pour avoir leurs petits. En pleine saison des amours passagères, entre août et janvier, c’est une parade de drague animalière à tout va. Comme vous l’aurez deviné, nous sommes arrivés trop tard ou trop en avance dans le cas des orques. Les autochtones nous avaient dit qu’ils seraient, ils pensent, un peu avance, au rendez-vous de nos promesses. La nouvelle se répand vite dans la réserve, les animaux humains sont en effervescence, quand arriveront-ils ? Armés de jumelles, tout le monde chasse les Willys.

L’accès aux animaux est très protégé, il y a différents points de vues desquels observer les animaux marins. Il y a la plage des pingouins, celle des baleines, une autre avec des orques, d’autres où s’étalent éléphants de mer ou otaries. Entre ces plages vous devez rouler sur des chemins balisés en faisant attention à ne pas écraser guanacos, flamands roses, nandous (des cousins américains de l’autruche) ou tatous.

Le soir tombant nous nous arrêtons sans grandes convictions sur la plage des baleines, histoire de voir si Willy est passé par là. Et, à peine arrivés, magie du hasard, de l’alignement des planètes ou de la bonne fée des aventuriers, un magnifique Monsieur Orque passe devant notre nez. Sauts de joie, ô bonheur ! C’est noël avant l’heure ! Willy parade devant nos yeux ébahis. Les deux gardes forestiers nous indiquent qu’il est parti casser la croûte de poisson un peu plus loin mais qu’il reviendra sûrement. Équipés de notre paire de jumelles, nous ne le quittons pas du regard, bien décidés à le revoir passer. Et il repassera. Re-sauts de joie, re-bonheur ! Admirez un peu notre copain Willy comme il est magnifique :

Willy cherche du bébé éléphanteau à grignoter nhark nhark nhark ….

Lever de soleil magique et éléphants ronfleurs

Le jour se lève sur les éléphants de mer de Peninsula Valdes.

Toutes ces émotions nous ont rapproché de Celso, un des deux gardes-forêts. Lui, il s’occupe des routes de la réserve. Il alterne entre 10 jours ici et 10 jours chez lui à Trelew, une ancienne ville galoise à 100 km de là. Il vit en haut de cette falaise entre tassage de route et observation des baleines. Il nous confie que même après toutes ces années ici, il ne se lasse toujours pas de ce coin de paradis. En papotant avec lui, on arrive à rester sur le spot pour la nuit. Le matin, nous sommes aux premières loges du spectacle du jour :  lever de soleil sur la colonie d’éléphants de mer. Moment magique, instant unique qui viendra clôturer notre aventure sur cette péninsule si particulière.

Lever de soleil sur la colonie de vacances des éléphants de mer

Avez-vous déjà entendu un éléphant de mer dormir ? 

Ecoutez un peu ci-dessous, vous ne serez pas déçu du voyage 😉

 

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