Avoir un bon copain en Equateur

Comme le chantait Henri Garat : « Avoir un bon copain, y’a rien d’meilleur au monde. » Nous, on a Benoit. Il était déjà venu nous voir entre l’Argentine et le Chili, il faut croire que ça ne lui a pas déplu car il nous est revenu.

“Quito. Ecuador. America del Sur. Autant de mots qui font rêver… Mais comment transformer ce bel imaginaire en douce réalité? En faisant confiance, à nouveau, à la Tuctuc Travel Agency, pardis! […] Mais la Tutuc Travel Agency, c’est bien plus qu’un Hubert Andin! Si l’ombre (sexy!) de David Charvet et le silicone de Britney ne seront jamais bien loin, la sélection musicale comblera le moindre mélomane. Les en-cas locaux vous raviront les papillons gustatifs. Les arrêts photo vous donneront des ailes (mais ne vous approchez pas trop du bord non plus!). Attention cependant aux sessions de karaoké filmé, elles pourront vous les couper (… les ailes)! La Tuctuc Travel Agency, bien plus qu’un agréable voyage, c’est une expérience! Vous partagerez beaucoup plus que vous ne l’aviez imaginé avant d’embarquer. Un seul regret: devoir quitter Nelson, Gaga-el et surtout K-rho après deux petites semaines de rêvassage dans une parenthèse aussi magique que possible! A v(n)os prochaines aventures, avec la Tuctuc Travel Agency, bien sûr! “

Benoit aime les voyages et encore plus, les organiser. Nous, pas. Nous ne connaissions absolument rien de l’Equateur avant d’avoir franchi sa frontière, c’était notre cadeau de voyage, que l’on gardait précieusement dans nos malles, avant de le déballer doucement au fil des kilomètres. Et ce cadeau, il avait été emballé par Benoit, notre organisateur de voyage préféré. Nous nous sommes complètement laissé aller à son « ossature de voyage », un programme qu’il nous avait concocté aux petits oignons.

Amuse bouche à Guayaquil

Notre cadeau de voyage commence par Guayaquil et l’arrivée de Benoit. Il est arrivé un peu en avance au rendez-vous de nos promesses et nous, en retard. La veille, notre chambre à Montanita avait été inondée par une pluie tropicale qui est tombée pendant trois jours sans s’arrêter, nous avions passé la première partie de la nuit à l’Alcatraz qui, comme son nom l’indique est une boite de nuit, et le reste de la nuit à éponger toutes nos affaires. De son coté Benoit avait fait un voyage de 19h et moults correspondances pour venir nous rejoindre, les retrouvailles furent joyeuses et fatiguées.

Guayaquil est la capitale économique du pays. C’est une grande ville sans charmes avec un mini centre historique surveillé, pas trop moche. Nous y avons passé un dimanche à se balader sur le bord de rivière et à grimper à son mirador. Voilà tout ce qu’on peut faire à Guayaquil. Après notre journée oubliable, nous avons roulé en direction de Cuenca, la ville la plus classe d’Equateur.

Entrée en matière à Cuenca

Cuenca est une vieille ville coloniale, classée à l’Unesco depuis une vingtaine d’années. C’est une petite cité pleine de charmes qui vit essentiellement du tourisme et des retraités américains venus s’installer sur les rives de son fleuve. L’autre particularité de la ville est d’avoir le carnaval le plus naze du monde. Nous y avons passé les trois jours du carnaval, dans une ville morte et vidée de ses habitants, les seuls qui sont restés en ville s’amusent à faire des tours en voiture dans les rues et jettent de l’eau à la face des passants. Trop. Le. Fun. Qu’est-ce que le point de tout ça? Je ne sais pas. Reste que nous avancions dans la ville, la peur au ventre et le regard méfiant. Évidemment, nous avons subi les assauts des malotrus motorisés et pour se venger nous avons aspergé l’intérieur de leurs voitures. Trop. Le. Fun, vous dis-je. Pour se consoler, nous avons animé un karaoké gay par nos chants désastreux et nos danses endiablés. En rentrant, affamés et hagards, nous avons partagé une boite de Ferrero rochers achetée au seul endroit de la ville vendant de la nourriture en pleine nuit, un fleuriste ouvert pour cause de Saint Valentin. Logique. Le lendemain, face aux vidéos de la veille démontrant ses piètres performances de chanteuse, Caroline a pris exemple sur Jospin. Elle a assumé pleinement la responsabilité de cet échec et en a tiré les conclusions en se retirant définitivement de la vie de karaoké.

Après ces trois jours de folie, nous sommes partis à l’assaut des hauteurs de Cuenca dans une ferme-maison d’hôtes tenue par une famille d’Américains exilés dans ces contrées plus clémentes. Nous avons célébré la Saint Valentin, à trois, selon les règles de l’art avec un petit repas au coin du feu, dans un chalet avec vue sur les montagnes. So romantique. Le lendemain, nous nous sommes ressourcés auprès des vaches, des petits colibris et des petits cochons. Une parenthèse de bonheur à la « petite maison dans la prairie ».

Les cochons les plus mignons du monde.

Faire tout un plat à Riobamba

Nous avons ensuite mis le cap sur Riobamba. Sur la route, nous nous sommes arrêtés à Ingapirca qui, comme son nom ne l’indique pas est une ancienne cité Inca. Car oui, il faut savoir que l’empire Inca s’est étendu de la Bolivie jusqu’à Quito, la deuxième capitale Inca après Cuzco. Comme les Incas avaient le bon goût de choisir les plus belles vues des Andes, Ingapirca est une ancienne citadelle, tellement photogénique.

Vue sur Ingapirca et sa vallée.

Nous sommes arrivés à Riobamba, ville morne et tristouille animée par une unique rue de la soif où s’aligne les bars hypsters, copie conforme de tous les autres bars hypsters que l’on retrouve absolument partout au monde et qui s’inspire des mêmes panels Pinterest. Nous avions loué une charmante grande maison, décorée avec soin sur les thématiques Jésus et bibelots d’angelots dans des vitrines. La classe à Dallas.

Nous avons recréé la Cène, afin de rendre hommage au chef d’oeuvre en tapisserie exposé dans la salle à manger.

Mais alors pourquoi s’arrêter à Riobamba me diriez-vous. Tout simplement parce que ses alentours sont magistraux. Naïvement, avant de connaître l’Equateur, j’imaginais un pays où il faisait très chaud, comme son nom le laisse supposer et, somme toute plutôt plat et sec. Que nenni. Sachez que l’Equateur regorge de lacs, volcans et vertes plaines. La cordillère des Andes traverse ce pays et laisse exploser sa joie le long de ce que l’on appelle « l’avenue des Volcans ». Parmi les plus célèbres de ces volcans stars, nous avons le Chimborazo.

La laguna Sangay, une des merveilles équatoriennes.

Le Chimborazo culmine à 6 263 m d’altitude. Il peut être défini comme le plus haut sommet du monde, si l’on considère qu’il est le sommet le plus éloigné du centre de la terre. En effet, la terre a une forme d’ellipsoïde, dont le rayon est environ 21 km plus important à l’équateur qu’aux pôles, et le Chimborazo est proche de cet équateur, plus que les sommets de l’Himalaya. C’est donc le point de surface de la terre qui se rapproche le plus de la lune. Selon les mesures effectuées par une mission franco-équatorienne de l’Institut de recherche pour le développement, le sommet du Chimborazo se trouve à 6 384,416 kilomètres du centre de la Terre (l’Everest en est distant de 6 382,605 kilomètres). S’il est éteint depuis l’an 640, il pourrait toujours entrer en éruption à n’importe quel moment.

Le Chimborazo se découvre très rarement de son chapeau de nuages ce qui fait que l’on a marché dans une purée de pois bien dense qui nous empêchait de voir plus loin que le bout de son nez, l’air s’y fait rare, la pente y est raide. Clairement il vaut mieux le voir d’en bas mais, pour ceux qui aiment marcher dans la montagne juste pour marcher dans la montagne, ça vaut le détour.

La meilleure vue sur le volcan Chimborazo.

Un bain de frissons à Banos

Banos est la capitale équatorienne des sports de montagne. Et nous n’y avons pas échappé. Zip-line de dingues, cascades, ascension des monts de la ville, bains thermaux, nous avons tout testé et approuvé.

Cascade de la « gorge du diable » à Banos.

Nous remontons « l’avenue des Volcans » pour aller se frotter aux hauteurs du Cotopaxi, culminant à 5 897 mètres d’altitude, c’est le plus haut volcan actif d’Equateur. La montée fut ardue parce qu’il faut, encore une fois, escalader une pente raide, dans le brouillard, à des hauteurs où le manque d’oxygène se fait bien sentir. Une fois arrivé au refuge, même le chocolat chaud au beurre a quelque chose de réconfortant.

Le volcan Cotopaxi et son chapeau de nuages.

Quilotoa et Quito en dessert

Sur notre chemin vers Quito, nous nous sommes arrêtés au pied du volcan Quilotoa pour un moment magique. Le volcan Quilotoa culmine à 3 914 m et a la particularité d’avoir son cratère rempli d’eau, qui forme un grand lac aux bleus qui pètent. Oui qui pètent. En effet, malgré l’eau présente dans son cratère le volcan est toujours actif et cela se manifeste parfois avec bulles de gaz qui remontent à la surface. On y accède par un chemin pentu, facile et rapide à l’arrivée, au retour c’est le parcours du combattant. C’est caillouteux, le manque d’oxygène se fait toujours encore bien sentir à ces altitudes andines et c’est très très pentu. Mais, si la vue du lac sur les arrêtes du cratère est un cadeau en soi, parcourir ses eaux est un petit moment magique que nous offre la vie.

Vue sur le cratère du volcan Quilotoa.

Après nos moults péripéties, nous sommes arrivés à Quito, capitale de l’Equateur et dernière étape de notre voyage à trois. Quito a été fondée bien avant l’arrivée des Incas, est devenue la deuxième cité de l’Empire avant de devenir la capitale de ce qui deviendra l’Equateur. C’est une ville qui mélange vieilles pierres et nouveaux quartiers hypsters dans un cadre de verdure, entourée de sommets andins.

Comme le disait Jules Romain : « Trois copains qui s’avancent sur une ligne n’ont besoin de personne, ni de la nature, ni des dieux. » Nous nous sommes avancés ensemble vers la ligne équatoriale, bénis par la nature et les dieux, il n’y a rien de meilleur au monde.

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